Vendredi 4 janvier 2008

sarkozy-voeux-2008-bling-bling-copie-1.jpg

On nous avait prévenu : pour ses premiers vœux présidentiels, Sarkozy va encore imposer son style... Peut-être les souhaitera-t-il depuis un wagonnet du Space Mountain ou à l'abri d'une tente berbère, les yeux cachés par des Ray Ban gris-argent, assis entre Vincent Bolloré et Vladimir Poutine, inaugurant son allocution par une bonne vanne de Bigard, avant de nous chanter « Bonne année » en duo avec Carla Bruni, allongée nue sur une croix qui flotte dans une piscine, du yaourt plein la bouche ?
Déception… car, excepté pour la lecture du discours en direct sur un prompteur - nouveauté dont le mérite n'a pas paru éclatant -, les voeux du nouveau président ont été aussi creux que ceux de son prédécesseur.

Quand même, quelques surprises :

« J’ai voulu tout mettre en  œuvre pour […] vous  donner le sentiment que dans notre vieux pays tout pourrait devenir possible ». Le « tout devient possible » de la campagne se conjugue maintenant au conditionnel… On est moins sûr de soi ?« J’ai voulu mettre chacun face à ses responsabilités. J’ai pris les miennes. J’ai pu commettre des erreurs». C'est dommage qu'il n'ait pas eu le temps d'en faire la liste, pendant les huit longues minutes du discours. Fini aussi la volonté d’aller chercher la croissance avec les dents. Le voilà qui se contente d’affirmer que le paquet fiscal « a permis à notre économie de mieux résister que d’autres au ralentissement de la conjoncture ». Où est la rupture, le choc de confiance ?

Après ce discours prudent et modeste, loin de l’assurance de la « période de grâce », il faut bien finir de manière plus ambitieuse… Alors après s’être félicité d’avoir géré « l’urgence », il nous annonce pour 2008 la « deuxième étape », pompeusement baptisée « politique de civilisation »… Encore un concept fumeux

Non, plutôt une récupération fumeuse, d’une expression développée par le sociologue Edgar Morin, qui a récemment déclaré :
« M. Sarkozy a repris le mot, mais que connaissent-ils de mes thèses, lui ou Henri Guaino ? Est-ce une expression reprise au vol ou une référence à mes idées ? Rien dans le contexte dans lequel il l'emploie ne l'indique »
« Lorsque j'ai parlé de 'politique de civilisation', je partais du constat que si notre civilisation occidentale avait produit des bienfaits, elle avait aussi généré des maux qui sont de plus en plus importants. […] Je m'attachais à voir dans quelle mesure on peut remédier à ces maux sans perdre les bienfaits de notre civilisation. »
Pour en savoir davantage sur la « politique de civilisation » d’Edgar Morin :
- lisez cet article : « Edgar Morin : "La politique de civilisation ne doit pas être hypnotisée par la croissance" » (lemonde.fr)
- lisez son livre "Pour une politique de civilisation" (éd. Arléa, 2002).

Illustations : Luz et Riss (Charlie Hebdo)
Sources : telerama.fr, intox2007.info
Sarko-fait-une-pause.jpg
Par JPVS - Publié dans : Embrouilles et diversions
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Vendredi 28 décembre 2007
Acticle actualisé le 29 décembre à 23h30

undefined
Le 20 décembre 2007, au Vatican, Nicolas Sarkozy a fait un discours qu’on aurait pu trouver comique, dans la bouche de Philippe de Villiers (par exemple). Mais prononcé par un président de la République, il est carrément indigne.
Il y était question de « l’avènement d’une laïcité positive, qui tout en veillant à la liberté de pensée, à celle de croire ou de ne pas croire, ne considère pas que les religions sont un danger, mais plutôt un atout ». Au passage, il faudra nous expliquer « ce que serait une laïcité négative » (Jean Glavany, PS) ; et puis « quand on a besoin d'un adjectif, c'est qu'on veut changer le sens du mot » (François Bayrou). On a l'impression que la « laïcité positive », c'est la même chose que la laïcité, mais en mieux ; alors qu'en réalité, cette expression vide le concept de laïcité de son sens.
 
Voilà une rupture qui inquiète les défenseurs de la laïcité à la française, issue de la loi de séparation de l’Église et de l’État (1905). Le Cardinal Tarcisio Bertone ne s’y est pas trompé en saluant un « changement d’orientation » de la France.
 
Extraits du discours de Latran (et commentaires) :

undefined
 

Le révisionnisme pour affaiblir la laïcité

« C'est par le baptême de Clovis que la France est devenue Fille aînée de l'Eglise. Les faits sont là. » Sarkozy oublie que la France d'avant Clovis était païenne et qu'elle n'est pas devenue chrétienne avec Clovis. D'autre part, c'est l'humanisme (à partir du XVe siècle) qui est à l'origine de la société moderne. La "Fille aînée de l'Eglise" n'est pas un "fait", c'est un concept. Sarkozy nous impose une lecture idéologique de l'Histoire, qui instrumentalise le catholicisme, car un croyant authentique n'a pas besoin de cette référence à Clovis pour témoigner de sa foi.

« Tout autant que le baptême de Clovis, la laïcité est également un fait incontournable dans notre pays.»
Encore les "faits"! Mettre sur un pied d'égalité le baptême de Clovis, référence ancienne, plus théocratique que théologique, et le principe de laïcité, cadre actuel de la République, est faux et inacceptable.

« L'interprétation de la loi de 1905 comme un texte de liberté, de tolérance, de neutralité est en partie une reconstruction rétrospective du passé. »
Ici, le président de la République ose mettre en doute la sincérité d'un texte fondateur de la République, en soupçonnant ses vertus de n'être qu'une "reconstruction rétrospective" ! Le comble, c'est que le baptême de Clovis est considéré comme un "fait historique" tandis que les valeurs de la loi de 1905 aurait été inventées tardivement !!!

« La morale laïque risque toujours de s'épuiser ou de se changer en fanatisme quand elle n'est pas adossée à une espérance qui comble l'aspiration à l'infini. »
Voilà un retournement dialectique gonflé, digne de Guaino (qui affirmait déjà que l'ultralibéralisme, c'est la faute à Mai 68 !). En réalité, le fanatisme est justement lié à cette "espérance qui comble l'aspiration à l'infini", car elle seule peut conduire des "fous de Dieu" à sacrifier leur vie ... et celle des autres. Par contre, la morale laïque, parce qu'elle ne vise pas l'absolu, ne sombre pas dans le fanatisme.


Le christianisme pour préserver notre identité nationale


« La France a besoin de catholiques convaincus qui ne craignent pas d’affirmer ce qu’ils sont et en quoi ils croient »

Mais la France n'a pas seulement besoin de catholiques pleinement chrétiens. Dirait-il que les musulmans doivent être plus musulmans? Les juifs, plus juifs ? Les libres penseurs, plus libres ? 


« La laïcité n'a pas le pouvoir de couper la France de ses racines chrétiennes. […] Arracher la racine, c'est perdre la signification, c'est affaiblir le ciment de l'identité nationale. » 

Rappeler quel'histoire de la France est imprégnée de christianisme, c’est enfoncer une porte ouverte. Mais « y insister, n'est-ce pas nier le reste de l'identité française ? […] Les juifs, les musulmans, les athées, les agnostiques, tous les croyants et les non-croyants sont-ils encore des filles et des fils de France, M. Sarkozy ? » (Jean Glavany, PS).


Les religions pour apporter l’espérance, la morale et l’ordre


« L'instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé, même s'il est important qu'il s'en approche, parce qu'il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d'un engagement porté par l'espérance. »

« La morale de l'instituteur n'est pas inférieure à celle du prêtre. Pour Jules Ferry, elle est la morale universelle au genre humain, qui prend garde à ne choquer aucune des familles qui confient leur enfant aux maîtres. » (François Bayrou).

« […] la République a intérêt à ce qu’il existe aussi une réflexion morale inspirée de convictions religieuses. »

« Il demande aux religions, toujours dans «l'intérêt» de la République, de fonder la morale du pays. […] D'abord, il ne revient à aucune autorité civile de trancher ainsi une question de conscience. […] De surcroît, en tenant ce discours dans une société plurireligieuse, on pré­pare les conditions d'un affrontement entre les différentes religions. Car, quand elles se contredisent, qui décidera qu'une religion est supérieure à une autre dans le domaine de la morale et des valeurs ? » (François Bayrou)

« On ne fait pas un républicain comme on fait un catholique. […] Pour faire un républicain, il faut prendre l’être humain si petit et si humble qu’il soit [...] et lui donner l’idée qu’il faut penser par lui-même, qu’il ne doit ni foi ni obéissance à personne, que c’est à lui de chercher la vérité et non pas à la recevoir toute faite. [...] Croire, c’est ce qu’il y a de plus facile, et penser, ce qu’il y a de plus difficile au monde [...] il ne s’agit de rien moins que de faire un être libre [...]. » (Ferdinand Buisson - président de la Ligue des droits de l’homme, prix Nobel de la paix – 1903).


« Un homme qui croit est un homme qui espère. Et l'intérêt de la République, c'est qu'il y ait beaucoup d'hommes et de femmes qui espèrent. »

« La République n'a pas à sous-traiter l'espérance aux religions. La République est en charge de réaliser un monde meilleur, et pas d'inviter à l'attendre. Cette conception sociologique de la religion, fournissant «l'espérance» qui fait que les peuples se tiennent tranquilles et respectent les règles établies, […] ce n'est pas autre chose que «l'opium du peuple» que dénonçait Marx » (François Bayrou).

« Partout où vous agirez, dans les banlieues, dans les institutions, auprès des jeunes, dans le dialogue inter-religieux,dans les universités, je vous soutiendrai. »

Philippe Val écrivait déjà en 2005 : « Ce discours prouve simplement que Sarkozy est de droite, et qu’il pense qu’un peuple soumis à la justice divine coûte moins cher qu’un peuple revendiquant une justice terrestre. » (Les traîtres et les crétins – Ed. le cherche midi).

« La désaffection progressive des paroisses rurales, le désert spirituel des banlieues, la disparition des patronages, la pénurie de prêtres n’ont pas rendu les Français plus heureux. C’est une évidence. »

La disparition des forgerons n’a pas, non plus, rendu les français plus heureux ! Ah, la disparition des patronages... Voilà donc la cause de nos maux. Alors aux chrétiens leurs curés ou pasteurs, aux musulmans leurs imams, aux juifs leurs rabbins, et les Français seront bien gardés. C’est oublier qu'une pratique ne se perpétue que si elle a du sens pour une communauté, sans quoi elle devient du folklore.

 
undefined .
Fervent partisan d’une « adaptation » de la loi de 1905 pour permettre le financement des associations cultuelles, Nicolas Sarkozy développe depuis plusieurs années une inquiétante conception de la laïcité, en remplaçant la « liberté de conscience » par la « liberté de religion ». « Je continuerai à plaider avec force, mais sans prosélytisme, pour l’instauration de nouveaux rapports entre les religions et les pouvoirs publics », écrivait-il dans "la République, les religions et l’espérance" (paru en 2004). Ces orientations politiques se retrouvent dans le rapport sur "les relations des cultes avec les pouvoirs publics" remis au ministre de l’Intérieur, en septembre 2006, par Jean-Pierre Machelon. Entre autres réformes préconisées par ce rapport : la possibilité, pour les collectivités, de participer directement et sans plafonnement au financement de la construction d’édifices religieux. Officiellement, de telles "adaptations" de la loi de 1905 sont justifiées par le développement en France de religions comme l’islam et, surtout, le christianisme évangélique. En réalité, Nicolas Sarkozy entend faire jouer un rôle public aux communautés religieuses : gérer l’ordre social et combler le vide laissé par l’État minimal qu’il prépare.
 
Cette attaque de la laïcité républicaine montre qu’elle n’est pas un acquis immuable mais un combat quotidien. Si une réforme de la laïcité est nécessaire, elle doit aller dans le sens de la loi de 1905. Par exemple en mettant fin à l’exception concordataire en Alsace et en Moselle, ainsi qu’à certaines tolérances dans les territoires républicains ultra-marins. Mais aussi en s’insurgeant contre certaines subventions en faveur d’initiatives communautaristes, en luttant contre la présence de signes religieux ostentatoires au sein du Service public ou contre la perpétuation du financement public d’enseignements à caractère privé. 
   marianne-laicite-copie-1.jpg

Lire aussi :
Un brillant article d'Yvon Quiniou
(agrégé de philosophie, membre du comité de rédaction de la revue "Actuel Marx") : "Laïcité : l'approche sarkozyenne"  (paru dans Le Monde du  28.12.07).
Un article de Catherne Kintler : "Sarkozy menace-t-il la laïcité ?" (paru sur le site marianne2)

Sources :
-  Le texte du discours de Latran ( Le Monde )
-Bayrou « Sarkozy remet en cause la laïcité républicaine » (Le Figaro)
- Explication de texte (blog l'Aisne avec DSK)
-  Les JRG s’inquiètent des propos du Chanoine Sarkozy sur la laïcité (blog fairelejour)  
-  Sarkozy enterre la laïcité au Vatican (L’humanité
-  Le chanoine et la république (blog lebloglibredemonquartier)
-  Nicolas Sarkozy président anti laïc (blog intox2007
Par JPVS - Publié dans : Laïcité
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Dimanche 23 décembre 2007

kadhafi-et-rama-yade.jpg .
Je sais : Kadhafi, c’est passé… Mais justement ! C’est le moment de faire le bilan de cet évènement, pendant que les médias préfèrent parler de Carla Bruni.

La visite du colonel Kadhafi s’est déroulée entre le lundi 10 et le samedi 15 décembre 2007.
 
Le Président signe les contrats ?
Si les
entreprises françaises privées avaient besoin de notre président-VRP pour vendre à l’étranger, ça se saurait… Et même si c’était le cas : la France peut avoir des relations diplomatiques, commerciales, stratégiques avec la Libye. Mais rien n’oblige une visite officielle, qui est un geste politique fort.
Pourtant, le mercredi 12 décembre, face à des chefs d’entreprise du Medef, Khadafi avait expliqué que la normalisation des relations politiques avec la France avait pour contrepartie la signature de contrats et des marchés ouverts pour les entreprises françaises. Odieux chantage, d’autant plus que le maître-chanteur ne tiendra pas ses promesses…
 
10 milliards de contrats ?
10Les « droit-de-l'hommistes » sont considérés comme des irresponsables traîtres à la nation, eux qui crachent sur la contrepartie de la visite de Kadhafi : 10 milliards d'euros de contrats et
la création de 30.000 emplois sur 5 ans (selon Sarkozy lui-même) !
Oui mais… Le seul contrat commercial ferme signé est au profit d’Areva pour du matériel de transmission et de distribution d’électricité, pour un montant de… 300 millions d’euros. On est bien loin des 10 milliards annoncés par Sarkozy.
Quant aux Airbus (3 milliards d’euros selon Kadhafi-fils), l’intention d’achat avait déjà été signée en juin dernier - bien avant l’affaire des infirmières bulgares - pour un montant de 2,17 milliards seulement  (source : Libération).
 
Kadhafi respectable ?
Inutile de rappeler que le colonel Kadhafi est un dictateur impitoyable.
Pourtant, au nom du pragmatisme de la « realpolitik », on disqualifie la « naïveté » de toute opposition. Car dénoncer la venue de Kadhafi, ce serait oublier un bien supérieur à la morale ordinaire : la paix du monde, la réintégration de Kadhafi dans le concert des nations. Il faudrait donc encourager ses efforts, lui qui a officiellement renoncé au terrorisme (en 1999) et aux armes de destruction massive (en 2003) – source : bakchich.
Oui mais…
Quand on libère des otages après les avoir emprisonnées et torturées, devient-on respectable ? Dans ce cas, les FARC seront ils respectables s'ils libèrent Ingrid Betancourt ?
D’autre part, quand un invité-dictateur justifie le terrorisme en déclarant «les superpuissances ont violé la légitimité internationale […] et donc il est normal que les faibles aient recours au terrorisme», on doute de ses bonnes résolutions.
Enfin, quand il affirme "la Libye est arrivée à bon port en instaurant la démocratie populaire directe", "il n'y a pas un seul prisonnier politique [en Libye]", "[la] question des droits de l'Homme ne se pose pas."… on se demande s’il compte sérieusement avancer vers la démocratie !
 
Droits de l'homme, oui ou non ?
Sur les droits de l’homme, il y a d’abord les beaux discours de Sarkozy : « Je ne passerai jamais sous silence les atteintes aux droits de l’homme au nom de nos intérêts économiques. » (source : 
site de l'UMP). Mais aussi cette phrase prémonitoire : "Dans la Démocratie européenne, j’ajoute que tous ceux qui ont fait l’expérience de renoncer à la défense des Droits de l’Homme au bénéfice de contrats, n’ont pas eu les contrats, et ont perdu sur le terrain des valeurs" (discours du 13 novembre 2007 à Strasbourg, dans l'hémicycle européen).
 
Assez rapidement, l’Elysée rassure tout le monde : « le président de la République a déjà évoqué à deux reprises le sujet [des droits de l’homme] lors de leur premier entretien, lundi, et le soir lors du dîner». Mais mardi, le dirigeant libyen assure que Nicolas Sarkozy ne lui a pas parlé de ce sujet. Puis il déclare, droit dans ses bottes de dictateur décomplexé : «avant de parler des droits de l’homme, il faut vérifier que les immigrés bénéficient chez vous de ces droits». Alors, qui est le menteur ? A mon avis, le plus culotté des deux…
Khadafi-droits-de-l-homme-copie-1.jpg  
C’est Le Canard Enchaîné qui nous confie la version "off" (édition du 19/12/2007) :
« Guide, je considère que des progrès ont été faits en Libye en ce qui concerne les droits de l’homme, et je souhaite accompagner votre pays dans cette direction.» C'est ainsi, si l'on en croit un témoin direct, que Sarkozy a « parlé» des droits de l’homme avec son nouvel ami Mouammar, au cours du dîner du 10 décembre, expédié en quarante-cinq minutes.
Cette très diplomatique allusion aux droits de l’homme n'a suscité aucune réaction de Kadhafi. « Il a fait comme s'il ne comprenait pas », raconte un témoin.
Lors de leur second entretien, le chef de l'Etat français est revenu devant le Guide sur le sujet qui pourrait fâcher. Nouveau service minimum. Sarko a repris ses propos du dîner, sans plus. Mais cette fois le dictateur libyen a réagi.
« C'est vrai que j'ai déjà entendu cette phrase, je le reconnais, a-t-il dit. Mais je ne m' en étais pas souvenu précédemment parce que ce n'est pas important. »
  Kadhafi-chie-sur-Sarko.jpg
 
Ensemble, tout devient possible ?
Kadhafi a mis une joyeuse pagaille du côté de l'UMP. Quelques exemples :
-         Rama Yade : « le colonel Kadhafi doit comprendre que notre pays n’est pas un paillasson, sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s’essuyer les pieds du sang de ses forfaits. La France ne doit pas recevoir ce baiser de la mort ».
Réponse de Serge Dassault (un député UMP décomplexé, qui veut vendre ses Rafale) : "Qu’elle s’occupe de ses affaires : Sarkozy dirige la France, il fait vendre des produits à l’étranger et c’est très bien […]. Si on fait la morale à tout le monde, on ne vend rien. [...] Qu’elle s’occupe des petits pays où il y a des problèmes, mais pas des problèmes industriels".
-         Dans l’hémicycle, Bernard Accoyer supprime la séance de questions au gouvernement, avec interdiction formelle d’évoquer le scandale en cours sous peine de sanctions. Les députés de l’opposition quittent leurs sièges. De l’art et la manière de museler la représentation nationale.
-         Le casting n'est pas à la hauteur. Jean-Marie Bockel (secrétaire d’état), joue les doublures du ministre Kouchner. Et Jean-Louis Borloo n'a même pas cherché d'excuse pour se faire remplacer au dernier moment par la secrétaire d'Etat à l'écologie.
-         Claude Goasguen, à l'attention d'Olivier Dassault : "Je comprends bien que nous devons être présents sur le marché de l'armement. Mais j'ai peur que ces armes ne se retrouvent bientôt dans la bande de Gaza.". Et  à l'adresse de ses amis de l'UMP : "J'aurais préféré que Sarkozy ne se retrouve pas dépassé par Kadhafi" (source : Le Monde).
  Kadhafi-Sarkozy-cul-nu.jpg
.
Mais alors… pourquoi ce cirque ?
Cette visite n’est pas de la realpolitik, mais seulement un geste symbolique : car la politique étrangère de Sarkozy a des objectifs de politique intérieure, avec des impératifs de communication. Sarkozy a bien compris qu’il avait plus à gagner à ramener les infirmières dans son avion qu’à faire subir à Kadhafi le prix de ses crimes. Si le pouvoir est cynique, c’est parce qu’il sait que la politique étrangère (et sa moralisation) touche peu les Français (source : Rue89).
khadafi-fait-diversion.jpg
Autre théorie : l'ennemi réel du sarkozysme n'est pas Kadhafi, mais la moralité politique qui empêche l'exercice du pouvoir. Kadhafi permet de faire un affront aux donneurs de leçons, aux moralisateurs et à toutes ces idées qui, un jour ou l'autre, serviront à critiquer l'action présidentielle (source : La pire racaille). 

En savoir plus : un article brillant et drôle, sur la déroute de Sarkozy  « Kadhafi vainqueur sur tous les fronts », par Daniel Schneidermann (Libération). 
.
Illustrations : Cabu, Xavier Gorce, peb & fox, Placide et... (?)
Par JPVS - Publié dans : Politique étrangère
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 27 novembre 2007
Une vidéo assez drôle, extraite de l'émission « on n’est pas couché » du samedi 24 novembre 2007. A voir jusqu’au bout - durée : 4 mn.
 

 
En savoir plus :
« Les JT cassent la grève » (Libération) : un article brillant, qui dénonce le traitement de la grève des transports par les JT.
Par JPVS - Publié dans : Nos amis les médias
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Jeudi 25 octobre 2007

Y-a-bon-ADN.jpg
Un amendement à une nouvelle loi sur l’immigration, prévoit que des demandeurs d’un visa pour un regroupement familial, aient la possibilité de prouver leur filiation, à l’aide de tests ADN.

 
L’amendement original a été encadré pour le rendre plus "constitutionnel" :
-         Un nombre limité de pays serait concerné (notamment l’Afrique sub-saharienne).
-         L'autorisation d'un magistrat civil serait obligatoire (pour ne pas heurter la loi sur la bioéthique).
-         Le test de filiation serait fait avec la mère (pour éviter à des hommes de découvrir qu'ils ne sont pas les pères de leurs enfants)
-         ces tests seraient facultatifs, gratuits pour le demandeur et à l’initiative des autorités consulaires.
(sources : Le Point et Libération)
 
A l’origine de l’amendement, les arguments avancés sont :
-         la lutte contre des fraudes dans l’élaboration des documents d’acte civil,
-         l’accélération de la procédure pour les demandes légitimes,
-         le fait que 11 pays d’Europe pratiquent déjà ces tests.
 
Injuste
 
Cet amendement introduirait une ségrégation entre Français et étrangers :
-          Il ferait de tout étranger un présumé-fraudeur. Et la présomption d’innocence, c’est que pour les français ?
-          Il introduirait un traitement de faveur pour les enfants biologiques, au détriment des enfants "adoptés". Pourtant, en France, le lien de filiation se fait par reconnaissance et non par les gènes. Les enfants "illégitimes", c’est que pour les français ?  
"Le droit à vivre en famille, reconnu par la convention européenne des droits de l’homme, serait-il réservé aux Français ?" (collectif Sauvons La Recherche).
Chien-mange-immigr--.jpg ADN-immigr--s-copie-1.jpg
 
Contre-productif
 
Nicolas Sarkozy ("Libre", 2001) : "L’immigration familiale s’impose tout à la fois pour des raisons humanitaires et par souci d’intégration […], car comment réussir l’intégration paisible d’un homme vivant à des milliers de kilomètres de sa femme et de ses enfants ? […] Le regroupement familial est l’un des droits de l’homme sur lesquels on ne peut transiger, sauf à se renier !" (source). 
 
Dangereux
 
"La Droite décomplexée" veut glisser un pied dans la porte, en introduisant les tests génétiques dans le droit. Une fois le tabou de l'ADN brisé, "la rupture génétique" pourra se généraliser à l'ensemble des français : 
-         En 2002, Le Pen proposait de réserver les allocations familiales aux enfants "légitimes" (né après un mariage). Alors pourquoi ne pas moderniser la proposition, par des tests de filiation ? D’après des statistiques, la CAF ferait une économie de 10%...    
-         Et puis pourquoi ne pas imposer une recherche de gènes "néfastes" ? Ce serait très "utile", pour une demande de prêt bancaire, d’assurance, de recrutement, … 

 

Inutile
 
-          La fraude reste marginale : "L’arrivée irrégulière d’enfants est quelque chose de très rare. Et a priori, quand c’est le cas, ce sont ses propres enfants que l’on fait venir !" (François Goulard, député UMP).
-          De toute façon, ces tests n’éviteront pas les fraudes : aujourd’hui, dans certains pays, la corruption permet d’obtenir un certificat de naissance. Mais comme ces tests auraient lieu à l’étranger, la corruption permettra aussi d’obtenir un test ADN concluant !
-          Une faible proportion de candidats au regroupement seraient concernés : "Le regroupement familial concerne surtout les conjoints et beaucoup moins les enfants" (François Goulard). D'autre part, c'est à la mère de faire le test. Or dans 85% des demandes, c'est le père qui veut le regroupement familial, puisque c'est souvent lui qui est parti en premier chercher du travail. Ca fera une belle jambe à l'agent consulaire de savoir que la femme candidate à l'immigration en France a des enfants et que ce sont bien les siens !
 
Hypocrite
 
-         Non, il ne s’agit pas de favoriser le regroupement familial pour les demandeurs de bonne foi. En fait, on veut rendre plus difficile le regroupement familial pour encourager l’immigration "de travail".
-         Le test sera facultatif ; que se passe-t-il pour le candidat au regroupement familial qui le refuse ?
-         Si onze pays européens ont recours a à ce test, cela signifie aussi que quinze autres pays n’y ont pas recours... Les défenseurs de l’identité nationale ne devraient pas se sentir obligés de s’inspirer de certains pays étrangers. D’autre part, aucune loi n’existe généralement pour les autoriser ou les interdire (les tests ADN sont faits de manière ponctuelle).
 
Mais alors… Pourquoi s’obstiner ?
 
François Fillon lui-même a reconnu que cet amendement n’était qu’un "détail" de la loi … Mais alors, pourquoi ne pas l'abandonner ?
-         En stigmatisant à nouveau les étrangers, on rassure les indispensables électeurs du FN qui ont reportés tous leurs espoirs sur Nicolas Sarkozy. Ceci à quelques mois des élections municipales…   
-         En permettant aux «droits-de-l’hommistes» de s’égosiller sur cette mesure-klaxon*, on fait oublier le reste de la loi sur la "maîtrise de l’immigration", qui contient bien d’autres perles… (fin du droit d'asile, comptages ethniques, etc... un article bientôt ?)
* la mesure-klaxon fait du bruit autour d'un truc qui ne sera pas mis en place, [comme] les bracelets électroniques à GPS intégré (intox2007).
-         une "certaine droite" est fascinée par le déterminisme génétique (tout est joué, c’est dans les gènes). Ainsi, Nicolas Sarkozy avait parlé de "dépister" chez les enfants en bas âge les futurs délinquants, avant de déclarer dans Philomag qu’il croyait à un "gène du suicide" et à un "gène de la pédophilie" (source)
Genetique-OGM-p--dophiles-suicidaires.jpg
-         Une majorité de français approuve cet amendement sur les tests ADN. Quant aux autres, ils ne seront pas rancunier envers leur Président (ce n’était pas une promesse électorale du candidat Sarkozy et c’est l’ignoble Hortefeux qui se charge seul du sale boulot).   
immigration---chien-fran--ais-qui-aboie-copie-1.jpg
Aujourd'hui, seul le Conseil Constitutionnel, qui évalue "l'esprit de la loi", pourrait invalider cet amendement. Sur le plan technique et constitutionnel, il est viable ; mais sur le plan éthique, il est inacceptable.
A suivre...

Signer les pétitions contre les tests ADN liés au regroupement familial :

En savoir plus :
   
Par JPVS - Publié dans : Immigration, Test ADN
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Mercredi 24 octobre 2007

 

A l’époque, les français se moquaient de George W. Bush et des américains qui l’ont élu. C’est notre tour d’être sermonnés – avec talent - par un journal qui n’est pas spécialement un repaire de gauchistes…

 
New York Times – Editorial du 21 octobre 2007
 
Bigoterie pseudo-scientifique en France
 
Les questions d’immigration font ressortir les pires instincts des hommes politiques qui devraient se montrer plus avisés. Le Congrès américain l’a prouvé au début de l’année. Maintenant c’est au tour du Parlement français. Il s’apprête à adopter une nouvelle loi abjecte qui introduit les tests ADN comme fondement possible du rejet d’une demande de regroupement familial présentée par des étrangers dont une partie de la famille est déjà installée en France. 
Les tests ADN peuvent être utiles pour établir la culpabilité ou l’innocence dans une affaire criminelle. Mais ils n’ont rien à faire dans une loi sur l’immigration. De nos jours, les familles françaises, comme les familles américaines, se constituent sur des bases qui ne se limitent pas à la filiation biologique. C’est un fait dont la plupart des politiciens et des électeurs français devraient être conscients. 
Ils devraient aussi retenir les leçons de leur histoire récente. C’est sous l’occupation nazi et le régime de Vichy que la notion pseudo-scientifique de pureté de la race a été introduite dans le droit français avec les conséquences tragiques que l’on sait. 
Le recours à l’ADN, proposé par un député proche du Président Nicolas Sarkozy, a été vivement dénoncé par l’opposition de centre-gauche, par des membres de la majorité de centre-droit qui ont encore des principes, ainsi que par un membre du cabinet de M. Sarkozy. Cela s’est traduit par une certaine prudence — mais insuffisante — dans la rédaction de cette innovation législative. M. Sarkozy aurait pu intervenir à tout moment pour arrêter le processus législatif, il le peut encore, il ne l’a pas fait et il ne le fera sans doute pas.

C’est en fustigeant la dernière génération d’immigrés, en particulier ceux qui sont originaires d’Afrique du Nord, que M. Sarkozy, lui-même fils d’un immigré hongrois, s’est fait un nom en politique. Ce racolage lui a permis de récupérer les voix qui se portaient habituellement à l’extrême droite, sur Jean-Marie Le Pen, éternel candidat à l’élection présidentielle.
 
Casser de l’immigré est un moyen efficace de gagner des suffrages. Malheureusement, cela conduit à de mauvaises lois, à une mauvaise politique et à des souffrances inutiles pour les personnes et leurs familles que cette stratégie vise et instrumentalise. M. Sarkozy veut être considéré comme un homme d’Etat. Qu’il agisse comme tel.
 
La version originale ici
Par JPVS - Publié dans : Immigration, Test ADN
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Samedi 13 octobre 2007
La «rupture tranquille» c’est le démontage progressif, en pointillés, de ce qui existait avant. Ca permet au peuple de se faire à l’idée, avant que cette rupture ne devienne officielle. C’est gentil de ménager la sensibilité des braves gens…
Voici l’histoire d’un couple qui n'est pas un simple sujet people. Car l'intimité de Nicolas et Cécilia aura eu des influences politiques : sur-médiatisations et glorifications pendant les périodes fastes, censures et dérapages pendant les périodes de crise
 
TOPé Un couple «modèle» bien médiatique  
.
L’histoire commence en 1984, quand Cécilia Ciganer Albéniz est mariée à Jacques Martin par le maire de Neuilly-sur-Seine, un certain Nicolas Sarkozy... qu'elle rejoindra quelques années plus tard. Après sa «traversée du désert» politique, pour reconquérir la popularité et le pouvoir, Nicolas Sarkozy s’affichera dans plusieurs journaux «people», avec sa très photogénique épouse. 

.

Sarkozy-Jacques-martin.jpg

.
FLOPê Première crise : dérapages verbaux et médias muselés

En mai 2005, on parle d'infidélités réciproques, de séparation du couple et du lancement d'une procédure de divorce . 
En août, la une de Paris Match montre Cécilia aux côtés de l'homme d'affaires Richard Attias. Le propriétaire du journal, Arnaud Lagardère - ami intime de Nicolas Sarkozy - réagit par le licenciement de son directeur de la rédaction, Alain Genestar - "Paris Match : Genestar s'en prend à Sarkozy" (Libération). 

Cecilia-Attias.jpg

C'est dans ce contexte que le 25 octobre 2005, Nicolas Sarkozy promet aux habitants d'Argenteuil (Val-d'Oise) : «On va vous débarrasser de ces racailles.». Le surlendemain et jusqu'au 17 novembre 2005, des émeutes urbaines embrasent les banlieues françaises -
article sur les émeutes de 2005 (Wikipedia)
Après cet épisode peu glorieux pour son futur-ex-mari, Cécilia regrette d’avoir participé à l’élaboration de sa biographie «Cécilia Sarkozy, entre le cœur et la raison», dont la sortie est prévue le 24 novembre 2005. Désemparée, elle alerte son Nicolas, qui intervient rapidement... et efficacement : afin d’éviter les poursuites judiciaires, les 25.000 exemplaires tirés sont détruits - en savoir plus (nouvelobs.com).
 
TOPé Retrouvailles en fanfare

Ce dénouement heureux est suivi du retour de Cécilia auprès de Nicolas, en janvier 2006. On soupçonne une simple stratégie en vue de la course à la présidence de la République.
 

Sarko-presse-et-vie-privee.jpg
En été 2006, le couple s’affiche à  nouveau dans les médias : «Week-end en famille à  Londres», (Paris-Match), «Week-end amoureux à  Venise» (VSD), virée en pirogue sur le lac Maroni (Guyane), … Pourtant, à l’époque de la crise de couple, Nicolas Sarkozy s’était engagé à maintenir «la discrétion» sur sa vie privée.

FLOPê Nouvelles absences, nouvelles censures

De janvier à avril 2007,
l’absence de Cécilia auprès de son mari alimente des rumeurs de séparation, qui enflent sur internet, mais les grands médias restent muets - en savoir plus (Libération).  

ensembletoutdevientpossible.jpg
De pire en pire : après la victoire du candidat Sarkozy, un scoop du «Journal du Dimanche» (groupe Lagardère) est censuré par son rédacteur en chef : Cécilia ne s’est pas déplacée pour voter au 2nd tour des élections présidentielles -
en savoir plus

TOPé Etat de grâce : famille glamour et couple conquérant

Le 16 mai 2007, la cérémonie d’installation du nouveau Président de la République montre une famille unie et glamourissime, dans le plus pur style «Grimaldi de Monaco».

famille-Sarkozy.jpg Cecilia-collier-de-nouilles.jpg

Le 14 juillet 2007, l'état de grâce se poursuit : les infirmières bulgares et le médecin palestinien, accusés d'avoir inoculé le virus du sida à des enfants hospitalisés, sont libérés. Nicolas Sarkozy attribue cette victoire à la rencontre entre la «remarquable» Cécilia et Muammar Kadhafi, chef de l'Etat libyen (le 12 juillet 2007).

La-famille-Sarkozy-sur-tous-les-fronts.jpg

FLOPê Ca se gâte : arrêtez les flashs ! 

Mais Cécilia qui libère des prisonniers avec son seul « courage », sa « sincérité » et son « humanité » (dixit Nicolas), c'est un peu gonflé. Et quand le Canard Enchaîné révèle un accord de coopération militaire franco-lybienne... ça devient moins glamour - source (lejdd.fr).
Alors le 17 août 2007, Nicolas Sarkozy appelle une journaliste du
Monde : «Je ne veux pas que vous parliez de Cécilia ; sur moi vous pouvez écrire ce que vous voulez.» - source : "Les dessous des vacances de Nicolas Sarkozy" (Le Monde).
 
En fin août 2007, face aux pressions de l’opposition, l'Elysée affirme que Cécilia Sarkozy n'ira pas s'expliquer devant une commission parlementaire sur son rôle dans l'affaire des infirmières bulgares, «pour respecter la séparation des pouvoirs [entre l'exécutif et le législatif]». Oui mais… Mme Sarkozy, bien qu’épouse de Président, ne fait pas partie du pouvoir exécutif : la France n’est pas une monarchie ! -
en savoir plus (nouvelobs.com)

Pendant ce temps, les nouvelles absences de Cécilia - au pique-nique diplomatique de George W. Bush en août, à l’émission «Vivement Dimanche» consacrée à Rachida Dati et à la cérémonie en l’honneur des infirmières bulgares – relancent les rumeurs de séparation.
Le 11 octobre 2007, le quotidien suisse la Tribune de Genève affirme que "la presse hexagonale est prête à officialiser la séparation du couple présidentiel", dans l’article «
La France traque Cécilia jusqu'à Genève»
. En France, même si la presse nationale s’interroge, la télévision sera restée quasi muette, jusqu'à l'annonce officelle.

TOPé Et après ? C'est reparti ! 

Cette triste mésaventure personnelle alimentera la machine-à-glorifier, sur le thème : «le courage d'un homme seul», avec ses variantes : la solitude d'un homme courageux, la dignité d'un homme abandonné, etc. 
Puis notre Président continuera de diriger la France comme l'image de son couple : par alternances de coups d'éclats et de rabibochages, d'auto-célébrations et de cachotteries. Et ça marchera encore longtemps, car Nicolas Sarkozy a un don : tout le renforce... et son contraire aussi !

Sarko-Veuve-poignee-copie-1.gif

Des articles de presse sur ce thème :
"Divorce des Sarkozy : les médias chauffés à blanc" - rue89.com
Biographie et profil de Cécilia - hebdo.nouvelobs.com.

Dessins : Charlie Hebdo (journal indispensable qui paraît le mercredi).

Première photo : parue dans le n° 3044 de Paris Match (19 septembre 2007), où elle est décrite ainsi : "Le 18 septembre 1984, les Martin reçoivent les Sarkozy. Cécilia tient Judith, née le 22 août. Sur les genoux de sa mère, Marie-Dominique, Pierre Sarkozy, né le 24 août".
Par JPVS - Publié dans : Nos amis les médias
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Vendredi 24 août 2007

Franchise-angine-blanche.jpg

 

Franchises de Douste-Blazy et promesses de Sarkozy

Rappelons qu’un système de franchise existe déjà depuis 2004, avec un forfait de 1 € non remboursé sur les consultations
, les examens et les analyses de biologie, jusqu'à un plafond de 50 euros par an.

D’autre part, les assurés qui ne cotisent pas à un organisme de complémentaire santé (type mutuelle) doivent encore acquitter le "ticket modérateur" (environ le tiers du montant des honoraires médicaux et des médicaments remboursables), ainsi que d’un forfait de 18  sur les actes techniques de plus de 91  (en ville ou en établissement de santé) et d’un forfait journalier de 17  lorsqu'ils sont hospitalisés.
Par ces "mesurettes", l’UMP "a glissé un pied dans la porte", en faisant accepter le principe de la franchise médicale ; mais l’objectif - équilibrer les comptes de l'assurance-maladie en responsabilisant les patients – n’a évidemment pas été atteint.
 
Alors, pendant la campagne électorale, Nicolas Sarkozy a proposé de revoir le dispositif, avec quatre franchises annuelles par foyer, portant sur les médicaments, les consultations, les examens biologiques et les hospitalisations. Le montant des franchises devait augmenter si la branche maladie de la Sécu ne revenait pas dans le vert.
On a déjà eu l’occasion de démontrer l’inefficacité de cette politique culpabilisatrice (voir l'article "Franchise médicale" du 31 mai 2007).
 
Nouveau pétard mouillé de Sarkozy et foutage de gueule de Bachelot
 
Alors le projet a évolué… Au lieu de revoir le dispositif actuel, il a finalement été décidé de l’étendre par de nouveaux déremboursements : à partir du 1er janvier 2008, les assurés devront payer de leur poche 50 centimes par boîte de médicaments et par acte paramédical (kiné, infirmière, etc.), ainsi que 2 euros par recours au transport sanitaire. Ces trois franchises sont également plafonnées à 50 euros, au-delà desquels l'assuré ne subit plus ces déremboursements.
Et puis on ne se fait plus d’illusion : il ne s'agit plus d'utiliser la franchise pour combler les déficits (6 milliards d'euros par an pour la branche maladie de la Sécu), mais simplement de financer les dépenses des maladies liées à l'âge (plan Alzheimer, lutte contre le cancer et soins palliatifs), en économisant environ 850 millions d'euros par an.
 
Notre impayable ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, n’a pas manqué l’occasion de culpabiliser les éventuels réticents, en posant la question au quotidien régional Sud-Ouest (17 août 2007) : « Quelle est la personne qui ne peut pas payer 4 euros par mois sur des objectifs aussi importants ? ».
J’imagine son calcul simpliste : dans le pire des cas, on perd 50 euros par an, soit en moyenne 4,16 euros par mois.
 
Oui mais… En cumulant les anciens forfaits et les nouvelles franchises, le plafond total atteint 50+50=100 euros par an… et par personne !
Heureusement, les personnes bénéficiaires de la couverture maladie universelle (CMU) et de l'aide médicale d'État seront exonérées de ces nouvelles franchises, de même que les enfants et les femmes enceintes. Par contre, les patients en affections longue durée (ALD : cancers, diabètes, scléroses en plaques, etc.), qui sont pris en charge à 100 % par l'assurance-maladie pour leur pathologie, se verront appliquer ces franchises.
Pour les ménages modestes, l’idée d’un "bouclier sanitaire" est défendue par le haut-commissaire aux Solidarités actives, Martin Hirsch. Mais le directeur de la Caisse nationale d'assurance-maladie (CNAM) a fait savoir que la Sécu n'était pas en mesure "techniquement" de plafonner les franchises médicales en fonction du revenu, car le système informatique de l'assurance-maladie ne dispose pas de données précises sur les ressources des ménages.
D’autre part, comme pour le forfait de 1 , les contrats des complémentaires santé ne pourront pas prendre en charge la nouvelle franchise, sous peine de ne plus être considérés comme "responsables" et de perdre une série d’exonérations fiscales et sociales.
 
Ainsi une famille banale (deux parents, quelques enfants), même si ses membres cotisent à un organisme complémentaire, verra ses déremboursements plafonnés à 200 euros (2 fois 50+50 euros) par an, soit plus de 16 euros par mois !
Alors, quelle famille ne peut pas payer 16 euros par mois ? Des tas, Mme Bachelot ! Et d’abord, les familles de smicards, non concernées par la CMU mais assujetties à vos franchises…
 
Sources :
Interview de Roselyne Bachelot (sudouest.com)
Article "Franchise médicale : les clefs pour comprendre" (latribune.fr
Illustration : Charlie Hebdo (22 août 2007) 

En savoir plus :
Article "Franchise médicale (31 mai 2007)" (jaipasvotesarko.com)
Article "Le déficit de la Sécu devrait atteindre 12 milliards d'euros" (lexpress.fr)
Article "Contre la franchise médicale, par le Docteur Elie Arié" (lemonde.fr)
Article virulent "De qui se moque t-on ?" (CSP - blog antilibéral)
Par JPVS - Publié dans : Franchises médicales
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 17 juillet 2007

tableau-famille-aristo.jpg

L’objectif est de supprimer les droits de succession et de donation, pour 95 % des foyers, par la suppression totale :

- pour le conjoint survivant ou le partenaire pacsé,
- pour les frères et soeurs vivant sous un même toit au décès de l'un d'eux ;
 
mais aussi par l’abattement personnel (pour les donations et les successions) :
- de 150.000 € par enfant (au lieu de 50.000 €),
- de 150.000 € pour les personnes handicapées (au lieu de 50.000 €),
- de 15.000 € pour les frères et sœurs (au lieu de 5.000 €),
- de 5.000 € pour les neveux et nièces.
  
Une belle esbroufe
 
Nicolas Sarkozy avait martelé, pendant la campagne présidentielle, que cette mesure concernait "les patrimoines petits et moyens".
 
En réalité, les patrimoines petits et moyens n’étaient pas concernés, puisque 90% des successions entre conjoints et 80% des successions en ligne directe, étaient déjà totalement exonérées d'impôts. Nicolas Sarkozy vise donc les patrimoines les plus importants (seulement 100.000 bénéficiaires par an).
 
Ces mesures sont donc en contradiction avec l’éthique fondamentale du libéralisme et le discours "méritocratique" de Nicolas Sarkozy, puisque la baisse des droits de succession profite à des héritiers dont le seul mérite est d'être nés là où il fallait.
 
Pourtant, l'impôt sur les successions a mauvaise presse : 69 % des Français sont favorables à sa suppression (enquête BVA réalisée en septembre 2006) : beaucoup s'imaginent comme des "bénéficiaires potentiels", parce qu'ils n'ont pas conscience que leur patrimoine est trop faible pour être imposable.
 
Une fausse bonne idée
 
Le pari politique (non avoué), c’est qu'en permettant à certains de s'enrichir, ils créeront des emplois, ce qui bénéficiera à tous. Mais cette stratégie passe par l'augmentation des inégalités de revenus ; c'est le choix du modèle anglo-saxon, plutôt que du modèle scandinave. 
 
Mais ce pari est bien risqué. Car le système précédent favorisait les transmissions d’entreprises et les donations, qui pouvaient aller à des héritiers relativement jeunes. Au contraire, la baisse aveugle des droits de succession favorisera les personnes de plus de 50 ans (celles qui touchent la plupart des héritages), souvent trop âgés pour créer des entreprises innovantes. 
 
Ainsi, cette mesure contre-productive entraînera sûrement un creusement du déficit public : les droits de succession avaient rapporté 7,338 milliards d'euros à l'Etat en 2005 et les droits de donation 1,428 milliard (contre 3,08 milliards pour l'ISF). A moins de compenser cet important "manque à gagner" par une augmentation des autres impôts (TVA, etc.) !
 
.
En réalité, la suppression des droits de successions ne sert qu’à satisfaire une clientèle de petits patrons, de professions libérales aisées, voire de managers avides qui ont accumulé de quoi dispenser leurs enfants de travailler en s’accordant des revenus colossaux. Une société dynamique, une société de croissance, c’est au contraire une société où le travail est valorisé. Et valoriser le travail, c’est donner la priorité aux revenus qu’il engendre, c’est permettre à l’innovateur et à l’investisseur de prospérer. Ce n’est pas créer une nouvelle aristocratie de la rente.
 
Sources : 
Observatoire des inégalités : "L’abolition des droits de succession est en contradiction avec l’éthique fondamentale du libéralisme" (18 juillet 2006)
nouvelobs.com : "Le ‘paquet fiscal’ - Les principaux points du projet de loi" (17 juillet 2007)
lemonde.fr : "Fiscalité : le gouvernement met en œuvre «un programme de redistribution vers les plus riches» (Henri Sterdyniak )" (28 mai 2007)
lemonde.fr : "Les ménages aisés, seuls bénéficiaires d'une réforme des droits de succession" (25 mai 2007)

En savoir plus : article sur le paquet fiscal
Par JPVS - Publié dans : Paquet fiscal (droits de succession, TVA sociale,
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mardi 17 juillet 2007
Les députés ont finalement adopté le projet de loi relatif au travail, à l'emploi et au pouvoir d'achat (Tepa), dit «paquet fiscal». A partir du 25 juillet, ce sera au tour des sénateurs d’examiner ce texte. La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, a évalué son coût à 13,6 milliards d’euros.

Le projet de loi,  qui regroupe les promesses emblématiques de Nicolas Sarkozy, prévoit notamment :
-         l'exonération des heures supplémentaires,
-         la mise en place du RSA (Revenu de Solidarité Active),
-         l'encadrement des "parachutes dorés",
-         la création d'un crédit d'impôt sur les intérêts d'emprunt immobilier,
-         l'abaissement du bouclier fiscal à 50% (60% actuellement),
-         la suppression des droits de succession pour le conjoint survivant.
 
Le coût a été évalué par la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, entre 10 et 11 milliards d'euros pour 2008 et "13,6 milliards d'euros par an en régime de croisière".
Une addition élevée qui retarde d'autant le retour à l'équilibre des finances publiques, promis au mieux pour 2010 par le chef de l'Etat mais plus probablement pour 2012. Ce qui fait grincer des dents à Bruxelles.
 
La gauche a dénoncé un projet plein de "cadeaux fiscaux" qui sous couvert de mesures "innovantes", présente de "vieilles recettes éculées" ou encore "marque le retour d'une société de rentiers".
Alors que Martin Hirsch, Haut commissaire aux solidarités, avait vanté "une rupture qui permet" aux plus faibles de "repartir", l'opposition a dénoncé le "cynisme" du gouvernement mettant en regard les milliards offerts aux plus riches et les pauvres 25 millions du RSA.
 
(Source : lexpress.fr)
 
A partir de demain, plusieurs articles analyseront ce «paquet fiscal», point par point. Ce sera l’occasion de dénoncer de nouvelles esbroufes et fausses bonnes idées.
Par JPVS - Publié dans : Paquet fiscal (droits de succession, TVA sociale,
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Pendant les SOLDES...

t-shirt-jaipasvotesarko--morceau.jpgles T-shirts
"J'ai pas voté Sarko"
6 € seulement

en savoir plus...

Syndication

  • Flux RSS des articles
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus